PageRank : définition, et ce qu’il en reste aujourd’hui
En une phrase
Le PageRank est l’algorithme historique de Google pour mesurer la popularité d’une page à partir des liens qu’elle reçoit. La note publique de 0 à 10 a disparu en 2016 ; le principe, lui, est toujours en service.
En bref
- Une page est d’autant plus populaire qu’elle reçoit de liens de pages elles-mêmes populaires.
- La note publique de 0 à 10 est morte : retirée par Google le 8 mars 2016.
- Le principe reste utilisé en interne : Google l’a confirmé.
- Les « notes d’autorité » des outils SEO ne sont pas le PageRank de Google.
L’idée d’origine, et pourquoi elle a tout changé
À la fin des années 1990, les moteurs de recherche classaient surtout sur le contenu de la page : répétez assez le mot, vous remontez. Le résultat était facile à manipuler et médiocre.
Les fondateurs de Google ont ajouté une idée simple, empruntée au monde universitaire, où l’on juge un article au nombre de fois qu’il est cité : un lien est un vote. Et un vote ne vaut pas la même chose selon qui le donne — un lien venu d’une page elle-même très citée pèse plus. L’algorithme porte le nom de l’un des deux fondateurs, Larry Page.
Deux conséquences sont restées, et ce sont elles qui comptent aujourd’hui :
- la popularité se transmet de page en page par les liens ;
- ce qu’une page transmet se partage entre tous ses liens sortants — donc un lien depuis une page qui en compte trois vaut bien plus qu’un lien depuis une page qui en compte deux cents.
L’idée fondatrice du PageRank, qui n’a pas changé — même si le chiffre public a disparu.
La petite barre verte est bien morte
Pendant des années, une extension de navigateur affichait une note de 0 à 10 pour chaque page : le « PageRank visible », ou Toolbar PageRank. Des sites entiers se sont vendus sur ce chiffre.
Trois dates suffisent à raconter sa fin :
- Décembre 2013 : dernière mise à jour publique de la note.
- Octobre 2014 : Google annonce qu’elle ne sera plus mise à jour.
- 8 mars 2016 : Google la retire définitivement.
Ce que ça n’a pas signifié. Beaucoup ont conclu que « le PageRank est mort ». C’est faux, et la nuance est importante : Google a retiré l’affichage, pas l’algorithme. Ses porte-parole ont confirmé depuis que le PageRank continue d’être utilisé en interne, parmi les nombreux signaux du classement.
La version précédente de cette fiche datait de 2015 et conseillait encore des extensions pour lire cette note. Deux des trois outils qu’elle citait n’existent plus. C’est corrigé.
Alors que mesure-t-on aujourd’hui ?
Les outils du métier proposent tous leur propre indice : autorité de domaine, autorité de page, note de confiance, chacun son nom et son échelle. Aucun n’est le PageRank de Google. Ce sont des estimations, calculées à partir des liens que chaque outil a lui-même explorés.
Ça ne les rend pas inutiles, à condition de savoir ce qu’on lit :
- Comparer deux sites avec le même outil : pertinent.
- Comparer un chiffre d’un outil avec celui d’un autre : sans aucun sens, les échelles n’ont rien à voir.
- Prendre ce chiffre pour ce que Google pense de vous : l’erreur classique.
Et un piège commercial à connaître : sur les places de marché de liens, les prix sont souvent calés sur ces indices. Un indice élevé se fabrique ; une audience réelle, beaucoup moins.
Ce que le principe change pour vous, concrètement
Un bon lien vaut cinquante mauvais. Ce n’est pas une formule : c’est la conséquence directe du fait qu’un vote vaut ce que vaut le votant.
Vos pages se transmettent leur popularité entre elles. C’est tout l’enjeu du maillage interne : votre accueil est presque toujours votre page la plus forte, et ce que vous en faites descendre détermine ce que le reste du site peut espérer. Voir aussi la profondeur de page.
Le sculptage de PageRank ne fonctionne plus. Mettre certains liens internes en nofollow pour « concentrer » la popularité était une technique des années 2000. Depuis 2009, la part des liens bloqués est perdue, pas redistribuée : on s’appauvrit sans rien gagner.
Et faire des liens sortants ne vous coûte rien. C’est la peur la plus répandue et la moins fondée. Citer ses sources fait partie d’un contenu sérieux, et personne n’a jamais reculé dans Google pour avoir été honnête sur ses références.
Les erreurs fréquentes
- Croire que le PageRank a disparu. C’est l’affichage qui a disparu, pas l’algorithme.
- Prendre l’indice d’un outil pour le chiffre de Google. Ce sont deux choses différentes.
- Acheter un lien sur la foi d’un indice élevé. Un indice se fabrique ; regardez l’audience réelle.
- Bloquer ses liens internes pour « garder le jus ». Ça ne marche plus depuis 2009.
- Refuser de faire des liens sortants. Ça n’a jamais fait monter personne.
Cette fiche fait partie du dico du référencement. Voir aussi : backlink, netlinking et lien nofollow. L’état réel des liens qui pointent vers votre site fait partie de ce que je regarde dans un audit SEO.
Questions fréquentes
Le PageRank existe-t-il encore ?
Oui et non, et c’est toute la confusion. La note publique de 0 à 10 est morte : plus mise à jour depuis décembre 2013, retirée par Google le 8 mars 2016. Le principe, lui, est toujours en service : Google a confirmé continuer d’utiliser le PageRank en interne.
Comment connaître le PageRank d’une page ?
On ne peut plus. Aucun outil ne donne le vrai chiffre de Google, et ceux qui prétendent le faire affichent leur propre estimation, calculée avec leurs propres données. Ce sont des indices utiles pour comparer deux sites, pas la valeur de Google.
Les notes d’autorité des outils SEO sont-elles fiables ?
Elles sont utiles à condition de savoir ce qu’elles sont : des estimations maison, chacune avec sa méthode et son échelle. Comparer deux sites avec le même outil a du sens. Comparer un chiffre d’un outil avec celui d’un autre n’en a aucun.
Qu’est-ce que le sculptage de PageRank ?
Une technique des années 2000 qui consistait à mettre certains liens internes en nofollow pour concentrer la popularité sur les pages jugées importantes. Ça ne fonctionne plus depuis 2009 : Google a modifié son traitement pour que la part des liens bloqués soit perdue, pas redistribuée.
Un lien depuis une page très populaire vaut-il toujours beaucoup ?
Pas automatiquement. Ce qu’une page transmet se partage entre tous ses liens sortants : un lien depuis une page qui en compte trois vaut bien plus qu’un lien depuis une page qui en compte deux cents, à popularité égale.
Faut-il encore s’en préoccuper en 2026 ?
Pas sous forme de chiffre — il n’y en a plus. Mais l’idée reste la base du netlinking : la popularité circule par les liens, elle vaut ce que vaut la source, et elle se dilue. Comprendre ça évite les trois quarts des erreurs de stratégie de liens.