Ancre de lien : définition et bonnes pratiques

En une phrase

L’ancre d’un lien, c’est le texte cli­quable. Dans « con­sul­tez notre guide du logi­ciel de paie », l’an­cre est « guide du logi­ciel de paie ». C’est ce texte qui annonce, au lecteur comme à Google, ce qu’il va trou­ver de l’autre côté.

En bref

  • L’an­cre est le texte du lien, pas son adresse.
  • Elle décrit la page visée : c’est son seul rôle, et il est impor­tant.
  • Un pro­fil sain mélange plusieurs types d’an­cres. Un pro­fil trop réguli­er se voit.
  • Sur vos liens internes, vous les maîtrisez toutes. Com­mencez par là.

Où se trouve l’ancre dans le code

Un lien com­porte deux par­ties : l’adresse, invis­i­ble, et le texte, vis­i­ble.

<a href="https://exemple.fr/logiciel-paie">guide du logiciel de paie</a>
        └────────── l'adresse ──────────┘  └────── l'ancre ──────┘

Le lecteur ne voit que la sec­onde. Google lit les deux, mais c’est l’an­cre qu’il utilise pour com­pren­dre de quoi par­le la page visée — avant même de l’avoir explorée. C’est ce qui en fait un sig­nal si utile, et si facile à abuser.

Les cinq types d'ancres de lien : exacte, partielle, de marque, URL et vide, avec ce que chacune apporte au référencement

Le lien pointe vers la même page à chaque fois : seul le texte cli­quable change.

Les cinq types d’ancres

L’an­cre exacte reprend mot pour mot le mot-clé de la page visée. C’est la plus effi­cace prise isolé­ment, et la plus dan­gereuse en série : per­son­ne ne cite spon­tané­ment un site en employ­ant tou­jours la même for­mule.

L’an­cre par­tielle place le mot-clé dans une phrase : « notre guide du logi­ciel de paie ». C’est le meilleur com­pro­mis dans presque tous les cas — l’in­for­ma­tion passe, l’ar­ti­fice ne se voit pas.

L’an­cre de mar­que est le nom du site ou de l’en­tre­prise. C’est de très loin la plus fréquente dans la vraie vie, donc la plus crédi­ble. Un pro­fil de liens sans ancres de mar­que est un pro­fil qui n’a pas été con­stru­it par des humains.

L’an­cre URL est l’adresse écrite en clair. Neu­tre, courante sur les forums et dans les cita­tions.

L’an­cre vide — « cliquez ici », « en savoir plus », « ce lien » — ne dit rien. C’est la seule que je qual­i­fierais d’er­reur, et pas seule­ment pour le référence­ment : les per­son­nes qui nav­iguent au lecteur d’écran par­courent sou­vent la liste des liens d’une page, sor­ties de leur phrase. Une liste de « cliquez ici » ne leur sert à rien.

Vos liens internes d’abord

On par­le beau­coup des ancres des liens que les autres font vers vous. Or vous ne les choi­sis­sez presque jamais. Les ancres que vous maîtrisez à 100 %, ce sont celles de votre pro­pre mail­lage interne — et c’est là que le tra­vail est le plus rentable.

Le réflexe à pren­dre est sim­ple : chaque fois que vous écrivez « en savoir plus », deman­dez-vous ce que la page visée racon­te, et écrivez-le à la place. « En savoir plus » devient « com­bi­en coûte un logi­ciel de paie ». Ça ne prend pas plus de temps, et ça informe trois des­ti­nataires d’un coup : le lecteur, Google, et la per­son­ne qui écoute la page.

Une nuance utile : si dix pages de votre site pointent vers la même page avec exacte­ment la même ancre, ce n’est pas un prob­lème — c’est même cohérent. La régu­lar­ité n’est sus­pecte que sur les liens venus de l’ex­térieur.

La sur-optimisation, et ce qui l’a rendue visible

Avant 2012, obtenir cent liens por­tant tous le mot-clé visé fonc­tion­nait. C’é­tait même la méth­ode.

En avril 2012, Google a déployé le fil­tre Pen­guin, conçu pré­cisé­ment pour repér­er les pro­fils de liens arti­fi­ciels — et l’un de ses sig­naux les plus nets est la répéti­tion de l’an­cre exacte. Le raison­nement de Google est dif­fi­cile à con­tester : quand un site est cité naturelle­ment, les for­mu­la­tions vari­ent, parce que les auteurs sont dif­férents. Une régu­lar­ité par­faite n’est pas le signe d’une bonne opti­mi­sa­tion, c’est le signe d’une fab­ri­ca­tion.

Ce qu’il faut en retenir : la ques­tion n’est pas « quelle est la meilleure ancre ? » mais « est-ce que l’ensem­ble de mes ancres ressem­ble à quelque chose de naturel ? ». Un pro­fil réal­iste com­porte beau­coup de mar­que, un peu d’ex­act, du par­tiel, des adress­es nues et quelques ancres vides. C’est l’un des points que je regarde dans un audit SEO, et l’un de ceux qui expliquent le plus sou­vent un site blo­qué mal­gré de nom­breux back­links.

Les erreurs fréquentes

  • « Cliquez ici ». Aucune infor­ma­tion, pour per­son­ne.
  • La même ancre exacte partout. Effi­cace jusqu’en 2012, con­tre-pro­duc­tif depuis.
  • Nég­liger ses liens internes. Ce sont les seules ancres que vous choi­sis­sez vrai­ment.
  • Met­tre le lien sur toute la phrase. L’an­cre doit désign­er un sujet, pas noy­er le mot-clé dans vingt mots.
  • Faire du lien sur une image sans texte alter­natif. Pour Google, le texte alter­natif fait alors office d’an­cre ; sans lui, le lien ne dit rien.

Cette fiche fait par­tie du dico du référence­ment. Voir aus­si : back­link, mail­lage interne et netlink­ing.

Questions fréquentes

C’est quoi l’ancre d’un lien ?

C’est le texte sur lequel on clique. Dans la phrase « con­sul­tez notre guide du logi­ciel de paie », l’an­cre est « guide du logi­ciel de paie ». C’est le seul indice que le lecteur — et Google — ont sur le con­tenu de la page visée avant de l’ou­vrir.

Faut-il toujours mettre le mot-clé exact dans l’ancre ?

Non, et c’est l’er­reur la plus répan­due. Le mot-clé exact est effi­cace, mais répété sur tous les liens il devient un sig­nal d’ar­ti­fice. Une ancre qui con­tient le mot-clé dans une phrase naturelle donne presque le même béné­fice sans le risque.

Pourquoi éviter « cliquez ici » ?

Parce que ça ne dit rien. Ni au moteur, qui n’ap­prend rien sur la page visée, ni au lecteur, qui ne sait pas où il va. C’est aus­si un prob­lème d’ac­ces­si­bil­ité : les per­son­nes qui nav­iguent au lecteur d’écran par­courent sou­vent la liste des liens d’une page, hors de leur phrase.

Les ancres des liens internes comptent-elles autant ?

Elles comptent, et vous les maîtrisez entière­ment — ce qui n’est pas le cas des liens venus d’ailleurs. C’est le levi­er le plus sim­ple et le plus nég­ligé : rem­plac­er « en savoir plus » par le sujet réel de la page visée ne coûte rien.

Que risque-t-on avec des ancres trop optimisées ?

De per­dre des posi­tions. Depuis avril 2012 et le fil­tre Pen­guin, Google sait repér­er un pro­fil de liens dont les ancres por­tent toutes le même mot-clé exact : ça n’ar­rive pas naturelle­ment. Le remède n’est pas de forcer davan­tage, c’est de diver­si­fi­er.

Peut-on choisir l’ancre d’un lien qu’un autre site fait vers nous ?

Rarement, et c’est une bonne chose. Un pro­fil de liens réal­iste mélange le nom de votre mar­que, votre adresse, des expres­sions descrip­tives et quelques ancres vides. Vouloir tout con­trôler pro­duit juste­ment le pro­fil qui attire l’at­ten­tion.